Catégorie : Numérique responsable

CAPTCHA et sobriété numérique 

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La sécurité est une partie essentielle du numérique responsable. Il n’est pas rare de se demander comment protéger son site, en particulier lorsque l’on laisse la possibilité d’envoyer du contenu depuis son site web : formulaire (en particulier de contact), commentaires, etc. Et lorsque l’on sait qu’une bonne partie de l’activité sur le web n’est pas due à des humains (How much of the internet is fake?). Personne n’a envie de subir une injection ou autre acte malveillant via son site. 

A la fin des années 90, une solution miracle est apparue sous la forme du CAPTCHA. Aujourd’hui, on trouve ce composant un peu partout. Il peut s’agir de recopier des caractères difficilement lisibles, de cliquer sur des photos contenant différents éléments ou de cliquer sur une case afin de prouver que l’on n’est pas un robot.  

Mais qu’en est-il de son impact environnemental ? Comment le concilier avec la sobriété numérique ? C’est ce que nous allons voir ici! 

A la recherche de la meilleure solution 

Le CAPTCHA répond au besoin de sécuriser les données soumises par des internautes sur votre site. 

Le problème est que cette façon de faire, entre autres avec reCAPTCHA, est souvent laborieuse pour les utilisateurs. L’impact environnemental du service numérique est alors accru par le simple fait que le parcours utilisateur se retrouve allongé, quand il n’aboutit pas carrément à un abandon. En particulier pour les utilisateurs en situation de handicap qui pourraient se retrouver dans l’impossibilité de mener la tâche à leur terme. Sans compter les requêtes supplémentaires (CSS, JS et autres iframes) nécessaires à l’intégration de ce type de composant dans une page.  

Ainsi (et c’est là un point essentiel du numérique responsable), la recherche du CAPTCHA le plus sobre tient d’abord compte de l’accessibilité.  

L’accessibilité des CAPTCHA est un problème récurrent et les solutions sont nombreuses. Le principal mot d’ordre ici est de ne pas utiliser de CAPTCHA. Ainsi, le poids de la sécurisation des formulaires ne doit plus reposer sur les utilisateurs. Le sujet a été précédemment discuté, entre autres chez Orange.  

Il en ressort plusieurs possibilités :  

  • Repérer le temps de saisie pour exclure les saisies trop rapides 
  • Utiliser un filtre (expression régulière ou autre) pour repérer les réponses suspectes 
  • Ajouter de façon aléatoire une question à laquelle un bot ne saura pas forcément répondre (“Quel animal aboie ?”, “Combien font un plus un ?”, “Combien de d dans pudding ?”, etc). En laissant la possibilité de rafraîchir la question en cas de difficulté pour l’utilisateur. 
  • Le honeypot (sur lequel nous allons revenir) 

Au final, c’est la solution du honeypot qui semble la plus adéquate dans la plupart des cas. Détaillée par ailleurs sur un site du gouvernement canadien, elle consiste à ajouter un champ caché dans le formulaire concerné. Ce champ doit être défini de façon à être rempli seulement par les bots. Pour cela, il est caché aux utilisateurs et technologies d’assistance, tout en donnant dans le code des éléments laissant penser aux bots qu’il s’agit d’un champ obligatoire. Ainsi, à la validation du formulaire, on sait qu’une réponse au formulaire avec ce champ renseigné ne devra pas être prise en compte. Le honeypot peut demander un peu de réflexion pour une mise en place sans faille mais elle reste très légère et surtout élégante car elle se recentre sur le besoin d’origine : empêcher des bots d’envoyer des informations via un service numérique. Plutôt que d’impacter l’utilisateur afin de s’assurer qu’il n’est pas un robot, on laisse intact le parcours utilisateur pour se focaliser sur la détection des bots.

Conclusion 

L’exemple du CAPTCHA s’avère représentatif d’une approche par le numérique responsable. Dans le but d’améliorer la sécurité d’un service numérique, on s’intéresse d’abord à l’accessibilité des solutions possibles (la solution gratuite et largement répandue n’étant là encore pas forcément la meilleure) pour enfin s’assurer via la sobriété numérique que la solution retenue ne dégrade pas l’impact environnemental du service.  

Quelle est l’empreinte environnementale des sites web des 12 candidats à l’élection présidentielle de 2022 ?

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Introduction

L’objectif de cet article n’est pas de vous donner des consignes de votes mais de vous sensibiliser sur la base d’un thème d’actualité : celui de la sobriété numérique. En tant qu’experts, nous avons évalué l’empreinte environnementale des sites web des 12 candidats à l’élection présidentielle 2022. Nous nous sommes basés sur la page d’accueil de chacun de ces sites. Pour rappel, nous avions déjà réalisé cet exercice en 2017.

Si les sites web de campagnes sont éphémères, compte tenu du grand nombre d’internautes (et plus particulièrement de mobinautes), il est tout à fait intéressant de mesurer leurs impacts et consommations en énergie-ressources sur nos smartphones. Plus une URL est couramment consultée, plus réduire son impact numérique est essentiel. Les sites web des candidat.e.s à la présidentielle 2022 sont-ils écoconçus ? Répondent-ils tous à un numérique efficient et responsable ? Ont-ils évolué depuis 2017 ? Toutes les réponses dans cet article.

L’expertise de Greenspector

Nous avons déterminé cette empreinte en suivant notre méthodologie habituelle : chargement de la page d’accueil du site sur un smartphone (le scénario complet est décrit ci-dessous dans la partie méthodologie), mesure des consommations d’énergie, de données échangées et d’autres ressources, puis projection d’impact à partir de ces mesures. La projection d’impact est basée sur notre propre modèle, établi par notre équipe R&D. Elle tient compte des composantes nécessaires à la consultation du site (terminal, réseau, datacenter) et de l’ensemble des phases de cycle de vie pour les terminaux et datacenters. Les 3 impacts évalués sont : gaz à effet de serre, empreinte eau, utilisation des sols (plus de détails ci-dessous).

Et maintenant, place aux résultats !

Classement de l’empreinte environnementale des sites web des 12 candidat.e.s à la présidentielle 2022

Les 3 candidat.e.s dont le site web sont parmi les moins impactants sont : Nathalie Arthaud, Anne Hidalgo et Emmanuel Macron.

À l’inverse, les 3 candidat.e.s dont le site web sont parmi les plus impactants sont : Jean Lassalle, Marine Le Pen et Fabien Roussel.

Nous observons 6x plus d’impact par page entre le site le moins impactant et le site le plus impactant de ce classement.

La moyenne d’impact carbone de ces 12 sites web est de 0,57 gEqCO2 sur une minute soit l’équivalent de 5 mètres effectués en véhicule léger. 6 sites web se trouvent en dessous.

Si l’on projette l’impact carbone du meilleur site web de ce classement (celui de la candidate Nathalie Arthaud) pour 100 000 personnes naviguant 10 minutes sur ce même site, cet impact serait de 240 kg eqCO2. Soit l’équivalent de 2142 km effectués en véhicule léger.
À l’inverse, pour le site le moins bon de ce classement (celui du candidat Jean Lassalle), l’impact carbone serait de 1460 kg eqCO2 soit l’équivalent de 13 035 km effectués en véhicule léger. L’écart d’impact entre ces deux sites est de x6.

Le site de la candidate Nathalie Arthaud est le meilleur de ce classement. Avec un ecoscore Greenspector de 68/100.

Une utilisation de ressources énergétiques qui maintient l’autonomie sur un appareil mobile à un bon niveau

Un chargement rapide de la page et une interaction rapide avec les internautes. Quelques traitements légers dans la page peu gourmands en temps de traitement et en énergie. 

Des échanges réseaux plutôt maîtrisés mais perfectibles notamment sur la gestion du cache qui oblige l’utilisateur à recharger systématiquement une grande partie des éléments lors de sa prochaine visite sur la page. 

Matomo a été préféré à Google Analytics, ce qui est un bon choix autant pour réduire l’impact environnemental que par respect pour la vie privée des internautes.  

Points d’améliorations

  • Le site est globalement sobre dans son contenu et son intégration même s’il reste de nombreuses possibilités d’amélioration. La page contient notamment de nombreuses erreurs d’accessibilité. 
  • L’intégration de FontAwesome alourdit considérablement la page en générant plusieurs requêtes, qui sont d’ailleurs parmi les rares requêtes de cette page vers des services externes. Cet ajout est d’autant plus discutable que cette police ne semble pas essentielle pour le site et peut représenter un risque vis-à-vis du RGPD. Le simple fait d’y trouver une alternative allégerait considérablement le site.
  • Sur les pages comportant de la vidéo, des bonnes pratiques sont respectées : pas de préchargement ni de lancement automatique, pas d’intégration via Youtube. On note toutefois que l’intégration des vidéos génère plusieurs requêtes volumineuses et que le bandeau latéral des articles (sidebar.jpg) gagnerait à être optimisé (plus de 900 Ko à lui seul!). 
  • Le chargement différé (lazy-loading) des images réduirait également l’impact du site.

Le site du candidat Jean Lassalle est le moins bon de notre classement avec un écoscore Greenspector de 26/100.

Une consommation forte de ressources (mémoire, CPU et énergie) sur toutes les étapes de chargement, lecture, scroll et mise en arrière-plan. Ceci est dû à des activités de calcul, d’affichage et d’usage de cellule radio pour de longues transmissions de données. Ne mettez pas en boucle ce scénario de test sur votre appareil mobile car il vous privera de votre autonomie après 3 H 41 d’usage

Les indicateurs CPU et énergie montrent le fort impact des animations, vidéo, cartographie et autres scripts intégrés dans la page.

Une consommation d’énergie très forte de la page en background met en évidence des traitement CPU qui se poursuivent en arrière-plan. 

Beaucoup d’échanges réseaux avec 148 requêtes, 29 fichiers CSS et 8 iframes, et une gestion du cache partiellement mis en œuvre sur les contenus. Tout cela pour faire transiter sur le réseau 30 Mo en 1 minute ! 

Points d’améliorations :

  • Le code (JS et CSS) devrait être optimisé avec parfois même des fichiers chargés en double. L’intégration directe d’une vidéo Youtube et d’un carte Google Maps engendrent de nombreux chargements de fichiers et augmentent considérablement l’impact de la page. De même pour l’intégration d’un fil Twitter.  
  • L’utilité fonctionnelle de certains composants est à vérifier, notamment l’intégration d’un agenda vide (L’encart « Les prochaines dates à ne pas rater » est vide d’évènements à venir).
  • La page comporte plusieurs problèmes d’accessibilité, notamment l’intégration d’une vidéo en autoplay ainsi que des soucis de contraste de couleurs rendant certains textes difficilement lisibles.  
  • La page contient de nombreuses requêtes vers des services tiers (Google, Facebook, etc) dont une partie ne sont pas conformes au RGPD.  

Zoom sur les indicateurs pris en compte dans l’évaluation de l’empreinte environnementale

Consommation d’énergie des sites web

Les 3 candidat.e.s dont le site web sont parmi les moins énergivores sont : Nathalie Arthaud, Anne Hidalgo et Yannick Jadot.

À l’inverse, les 3 candidat.e.s dont le site web sont parmi les plus énergivores sont : Jean Lassalle, Nicolas Dupont Aignan et Philippe Poutou.

Nous observons un écart de x4 entre le site le plus et moins énergivore de ce classement.

La moyenne de la consommation en énergie de ces 12 sites web est de 5,88 mAh, 8 sites web se trouvent en dessous.

Parmi les candidat.e.s déjà présent(e)s lors de l’Élection de 2017, toutes et tous ont su réduire la consommation d’énergie de leur site web (en moyenne de -20%), sauf pour le candidat Jean Lassalle dont la consommation énergie de son site web a fortement augmenté (x2.4).

Volume de données échangées des sites web

Les 3 candidat.e.s dont le site web sont parmi les moins consommateurs en termes de données échangées sont : Nathalie Arthaud, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

À l’inverse, les 3 candidat.e.s dont le site web sont parmi les plus consommateurs en termes de données échangées sont : Jean Lassalle, Marine Le Pen et Fabien Roussel.

Nous observons un écart x18 entre le site qui échange le moins de données et celui qui en échange le plus de ce classement.

La moyenne de données échangées de ces 12 sites web est de 9,25 Mo, 7 sites web se trouvent en dessous. Généralement, il est plutôt recommandé de garder la taille d’une page autour voire en-dessous de 1 Mo.

Pour ceux qui aiment les chiffres…

PositionCandidatSite webEcoscore GreenspectorImpact Carbone (gEqCO2)Empreinte Eau (en Litres)Empreinte Sols (en m²)Énergie en 2022 (mAh)Énergie en 2017 (mAh)Données échangées (Mo)Requêtes web
1Nathalie Arthaudnathalie-arthaud.info680.240.040.423.675.421.6841
2Anne Hildalgo2022avechidalgo.fr500.320.040.514.312.761
3Emmanuel Macronavecvous.fr460.330.050.564.885.722.3852
4Eric Zemmourzemmour2022.fr540.330.050.534.614.1834
5Yannick Jadotjadot2022.fr510.330.050.514.313.2259
6Jean-Luc Mélenchonmelenchon2022.fr450.40.050.544.535.621.9574
7Valérie Pecressevaleriepecresse.fr240.60.080.725.9810.4490
8Nicolas Dupont Aignan2022nda.fr330.650.090.836.998.019.22116
9Philippe Poutoupoutou2022.org330.690.090.796.437.529.53153
10Fabien Rousselfabienroussel2022.fr310.740.090.675.2615.06146
11Marine Le Penmlafrance.fr280.790.080.614.812.2920.39111
12Jean Lassallejl2022.fr261.460.191.7314.755.9730.28148

Pour chacun de ses sites web, mesurés sur un smartphone S7 (Android 8), les mesures ont été réalisées au travers de notre Greenspector Benchmark Runner, permettant la réalisation de tests automatisés.

Détail des scénarios :
– Chargement de l’application
– Inactivité site web en premier-plan
– Scroll
– Inactivité site web en arrière-plan

Chaque mesure est la moyenne de 5 mesures homogènes (avec un écart-type faible). Les consommations mesurées sur le smartphone donné selon un réseau de type wifi peuvent être différentes sur un PC portable avec un réseau filaire par exemple. Pour chacune des itérations, le cache est préalablement vidé.

Côté projection de l’empreinte, les paramètres pris en compte sont :

  • Ratio de visualisation : 100% Smartphone
  • Ratio de visualisation : 100% France
  • Localisation des serveurs : 100% Monde

Découvrez comment Greenspector évalue l’empreinte environnementale d’un service numérique.

Crédit photo: AFP

La sobriété numérique pour plus de résilience

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Une industrie fragile

La crise du Covid-19 à rendu visible une faiblesse du monde du numérique et de l’électronique : une interdépendance des systèmes économiques et techniques. Les confinements de 2020 ont amené à une réduction drastique, voire à un arrêt de la production de circuits électroniques en Chine, impactant les productions dans le monde entier (Exemple de l’iPhone 13 et ses ruptures de stock).

Mais la pandémie du Covid-19 n’est pas l’unique cause qui a eu pour conséquence d’impacter le système d’approvisionnement. Début 2021, une sécheresse a touché Taiwan, autre lieu important de production de circuits électroniques, et cela a contribué à renforcer la pénurie déjà initiée.

Les crises sanitaires et les crises environnementales peuvent être aussi accompagnées de crises géopolitiques et de guerres. La guerre en Ukraine par exemple a levé encore une des faiblesses sur ces approvisionnements complexes : un risque sur la production de néons, nécessaires à la fabrication de puces. Ces néons étant en grande partie produits en Ukraine.

 

La sobriété comme une des solutions de résilience

On pourrait attendre une solution de résilience de la part de l’industrie électronique, par exemple via des relocalisations, cependant certaines solutions sont difficilement envisageables (relocalisation de l’extraction de certains matériaux). De la même manière, une “souveraineté numérique” ne serait pas la solution à ce problème, ou en tout cas elle permettrait de “seulement” mieux traiter la dépendance à du matériel serveur.

Le but de la sobriété numérique est principalement vu comme celui de la réduction de l’empreinte environnementale. C’est tout à fait vrai mais elle a aussi pour avantage (dans le cadre de la réduction de l’impact environnemental) de prolonger la durée de vie des matériels, de réduire la consommation de ressources (CPU par exemple), d’optimiser la capacité des matériels…

Ces avantages vont dans le sens d’une amélioration de la dépendance entre les services numériques et l’électronique. Rendre le numérique plus sobre permettrait donc de limiter l’impact de ces crises.

Ne nous trompons pas

La sobriété, même si beaucoup discutée dans le monde numérique, n’est encore que trop peu déployée. On continue encore à discuter sur son coût d’implémentation, de son impact plus fort côté matériel versus celui de son usage (sic). Des débats sans fin se poursuivent sur l’impact du réseau (focalisé sur l’énergie et pas le CO2, ne prenant pas en compte la problématique globale…), ainsi que des contre arguments sur le fait d’optimiser l’impact CO2 de nos solutions qui ne serait pas nécessaire puisque nous disposons en France, d’une énergie bas carbone.

Écarter la démarche de sobriété numérique sous prétexte de ses inconvénients, c’est ne pas prendre pleinement en compte la place du numérique dans notre monde et c’est surtout continuer à développer des outils qui ne fonctionneront potentiellement pas vu leur manque de résilience.

Permettre le fonctionnement des services numériques sur du matériel “bas de gamme” et sur des réseaux limités est par exemple une démarche qui va dans le sens de la sobriété numérique. Mais ce n’est qu’un début à une vraie démarche de sobriété. Le chemin est long, et malheureusement les crises sont déjà là. 

Ne nous trompons pas, la sobriété est une démarche indispensable dans notre jeune monde numérique. 

Classement 2022 de l’impact carbone des sites web des 187 grandes écoles et universités

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Introduction

Alors que de nombreux élèves cherchent dans quelle structure poursuivre leur cursus, les considérations écologiques sont de plus en plus présentes. En témoigne la mobilisation des étudiants pour un réveil écologique. Dans le contexte actuel, les institutions sont de plus en plus nombreuses à franchir le pas afin d’avancer sur ces sujets, notamment par le fait de proposer de nouveaux enseignements, de repenser les cours existants ou de mettre en place des bonnes pratiques au quotidien.

Sachant que le site web est souvent la première source d’information pour de nombreuses écoles et universités, nous avons décidé de mesurer l’impact carbone de ces sites.

Quelles sont les écoles / universités présentes dans nos classements ?

Pour déterminer quels établissements et structures étudier, nous avons constitué un échantillon qui se veut représentatif de la façon suivante :

Votre établissement n’apparaît pas dans nos classements ? Vous souhaitez connaître les détails de votre position ? Vous souhaitez améliorer votre place dans ce classement ? Contactez-nous.

Nous verrons ici ce qui ressort des mesures effectuées sur les sites des établissements de chacune de ces catégories. Nous nous sommes limités aux pages d’accueil afin d’avoir un dénominateur commun et parce qu’il s’agit le plus souvent du point d’entrée pour les visiteurs.

Toutefois, l’analyse pour chaque site mériterait d’aller plus loin, notamment au vu des statistiques d’usage de chacun de ces sites, afin de se concentrer sur les pages les plus fréquentées mais aussi pour se faire une idée plus précise des parcours les plus fréquents. A noter qu’une bonne partie des sites étudiés proposent également l’accès à un ENT (Environnement Numérique de Travail). Ce type d’outil très répandu constitue un sujet à part entière lors de l’estimation des impacts environnementaux des services numériques utilisés par les élèves. D’autant plus dans un contexte sanitaire où une partie des enseignements se font à distance. Sur ce type de sujet, l’accessibilité devient d’autant plus un sujet essentiel afin de permettre à chacun d’accéder, même depuis chez lui, aux mêmes informations et aux mêmes fonctionnalités que ses camarades.

Résultats des Universités de France

Synthèse – chiffres clés

La moyenne d’impact carbone par page et par minute de ce classement est de 0,44 gEqCO2.
18 sites sur les 50 se situent en-dessous de cette moyenne.

L’Eco-score Greenspector moyen est de 47,38 et 26 sites se situent au-dessus.

Le Top 3

En termes d’impact carbone, le top 3 de ce classement est constitué des universités suivantes :

1. Université Savoie Mont Blanc : un site WordPress qui tire son épingle du jeu par l’optimisation des images ainsi que la mise en place du lazy-loading et du cache côté client. Ces bonnes pratiques (ajoutées à d’autres) font déjà une belle différence, même s’il reste quelques axes d’amélioration.

2. Université de Paris-Saclay : un site plutôt sobre mais surtout optimisé techniquement (lazy-loading des images, mise en cache, optimisation des médias, etc).

3. Université Le Havre Normandie : un site léger et élégant qui pourrait encore bénéficier de quelques optimisations techniques voire d’un peu plus de sobriété.

NB:

Initialement le site web de l’Université de Paris (ex Paris Diderot) : une page étonnamment dépouillée qui renvoie au final… vers le site de u-patis.fr qu’on retrouve dans le Flop 3 ! Ce site est donc hors-concours.

Le Flop 3

En termes d’impact carbone, le flop 3 de ce classement est constitué des universités suivantes : Université Versailles Saint Quentin, Université Côte d’Azur, Université de Paris (ex Paris 5). Ces 3 pages sont très (trop) riches en contenus et pourraient être facilement allégées (dans un premier temps) puis optimisées.

Résultats des grandes Écoles de Commerce de France

Synthèse – chiffres clés

La moyenne d’impact carbone par page et par minute de ce benchmark est de 0,51 gEqCO2. 11 sites sur les 38 se situent en-dessous de cette moyenne.

L’Eco-score Greenspector moyen est de 41,27 et 15 sites se situent au-dessus soit un peu moins de la moitié.

Le Top 3

En termes d’impact carbone, le top 3 de ce classement est constitué des écoles de commerce suivantes :

1. Kedge Business School : les médias sont dans l’ensemble optimisés et le cache correctement mis à profit. Il reste quelques axes d’amélioration.

2. Rennes School of Business : le cache est exploité mais certains médias gagneraient à être optimisés. La page d’accueil repose beaucoup sur le scroll, ce qui inciterait à mettre en place le chargement différé (lazy-loading).

3. Montpellier Business School : un site WordPress assez riche en contenus, la plupart optimisés, mais qui souffre d’un grand nombre de fichiers CSS et JS. Il faudrait peut-être voir du côté des plugins installés mais surtout du thème et du page-builder. D’autres axes d’amélioration restent à mettre en œuvre.

Anja Stoll, cheffe de projet RSE – Climat & Biodiversity Lead chez Kedge Business School

Témoignage de Kedge Business School

Quelle place prend le numérique dans l’engagement environnemental de votre école ?
Dans les établissements d’enseignement supérieur le numérique prends une place de plus en plus importante, autant au niveau de la qualité des équipements qu’au niveau des services. La crise sanitaire a considérablement augmenté les attentes au numérique et étendu ses usages.

Ayant une empreinte carbone, mais aussi une empreinte ressources et déchets importante Kedge a choisi en octobre 2020 de de s’inscrire dans le projet pilote « numérique responsable » porté par le mouvement « campus responsables ». Aux côtés de 3 autres établissements d’enseignement supérieur Kedge BS a pu profiter d’un accompagnement sur mesure pendant 8 mois sur le sujet.

Ce projet pilote nous a permis de faire un état des lieux et de définir un plan d’action pluriannuel qui couvre de nombreux aspects tels que la durée de vie des équipements IT, l’usage du cloud, l’impact de la visioconférence, les critères d’achat ou encore le reconditionnement des équipements en fin de vie. Pour autant, une stratégie de numérique responsable doit non seulement prendre en compte les aspects environnementaux, mais aussi sociaux. Ainsi le plan d’action comprend également des actions de formation et de sensibilisation à la tech for good, d’outils handi-compatibles ou encore la prévention du cyberharcèlement.

 Votre site obtient la meilleure note d’impact dans votre catégorie, quels sont les bonnes pratiques fonctionnelles, graphiques, techniques que vous avez mises en place que vous pourriez partager avec les autres écoles ?

Nos chefs de projets digitaux ont travaillé main dans la main avec le prestataire technique pour mettre en place de nombreux améliorations :

-Optimisation du poids des images visibles sur toutes les pages (traitement manuel en amont de la publication et compression automatique par le système)
– Systèmes avancés de mise en cache serveur et navigateur afin de limiter le téléchargement systématique des ressources nécessaires au chargement d’une page
– Utilisation du système de « Lazy loading » permettant de charger uniquement les images visible à l’écran (au lieu de charger toutes les images d’une page, même celles très bas que l’utilisateur n’ira pas voir)
-Minification du code pour alléger au maximum le poids des fichier à télécharger à chaque chargement de page
– Pas d’hébergement de fichier très lourds comme des vidéos (tout est sur Youtube)

Ceci découle d’une vraie volonté de la l’école d’intégrer une démarche durable et inclusive dans tous le métiers, y compris le digital. Ainsi entre 10 et 15% des moyens mis à disposition des développements informatiques sont directement alloués à des actions destinés à améliorer la performance environnementale de nos plateformes.

Avez-vous déjà mesuré la consommation et calculer l’impact de votre site auparavant ?
Oui, notre bilan carbone intègre systématiquement l’analyse de l’empreinte carbone de notre site web. Pour aller plus loin, un audit « webperf » est actuellement en cours dans l’objectif d’améliorer encore plus les performances et temps de chargement de notre site. À fortiori, les actions en découlant auront également pour effet de diminuer d’autant plus notre impact carbone.

Le Flop 3

En termes d’impact carbone, on trouve en bas du classement les écoles suivantes : ISG Paris, ESC Clermont et EMLV. Là encore, ces 3 sites sont très riches en contenus, notamment vidéo.

Résultats des Écoles d’Ingénieurs de France

Synthèse – chiffres clés

La moyenne d’impact carbone par page et par minute de ce benchmark est de 0,47 gEqCO2. La moitié des 50 sites se situent en-dessous de cette moyenne.

L’Eco-score Greenspector moyen est de 43 et 13 sites se situent au-dessus soit un peu moins de la moitié.

Le Top 3

En termes d’impact carbone, le top 3 de ce classement est constitué des écoles d’ingénieur suivantes :

1. Ecole Centrale Lyon : un site d’une grande sobriété.

2. CentraleSupélec : un site relativement sobre qui pourrait aller encore plus loin via la mise en œuvre de bonnes pratiques supplémentaires.

3. ESIEA : un site WordPress plutôt sobre au niveau des contenus mais qui offre encore quelques axes d’amélioration.

Le Flop 3

En termes d’impact carbone, on trouve en bas du classement les écoles suivantes : ISEP, ENIM et ESILV. Une fois de plus, ce sont des sites riches en contenus qui misent beaucoup sur la vidéo (voire pour certains sur un chatbot).

Résultats des meilleures Universités au Monde

Afin de contrebalancer tous ces classements limités à la France, il nous a paru intéressant de nous intéresser à un classement des sites d’universités à travers le monde.

Synthèse – chiffres clés

La moyenne d’impact carbone par page et par minute de ce benchmark est de 0,50 gEqCO2. Seuls 9 des 50 sites se situent en-dessous de la moyenne. On note ici que les extrêmes sont beaucoup plus marqués, notamment le Flop 3 qui regroupe 3 sites très impactant.

L’Eco-score Greenspector moyen est de 53,18 et 28 sites se situent au-dessus soit un peu moins de la moitié.

Le Top 3

En termes d’impact carbone, le top 3 de ce classement est constitué des universités suivantes :

1. Princeton University : ce site Drupal relativement léger bénéficie d’une gestion du cache très efficace. Un effort particulier semble avoir été consacré à l’accessibilité, même si quelques anomalies persistent.

2. Ku Leuven : une page riche en informations mais sobre en contenus.

3. University of Manchester : un site relativement léger et assez bien optimisé. Des efforts considérables sur l’accessibilité ont été effectués mais il reste quelques axes d’amélioration en termes de réduction d’impacts environnementaux.

Le Flop 3

En termes d’impact carbone, on trouve en bas du classement les universités suivantes : Peking University, Tsinghua University, University of Hong Kong. On trouve encore sur ces trois pages de nombreux contenus (y compris vidéo) mais aussi beaucoup d’animations, en particulier des carrousels.

Les derniers sites de ce classement ont en commun une page d’accueil extrêmement chargée en contenus et en composants. Ceci évoque une tendance de design que l’on retrouve sur certains sites asiatiques depuis plus de 10 ans.

On en trouve un exemple en comparant le site de McDonald’s pour la Chine avec son homologue britannique.

Le design y est plus riche, plus complexe et coloré. Ceci est lié à des différences culturelles, linguistiques et techniques. Si ceci n’est pas rédhibitoire en soi et s’inscrit dans la volonté d’adapter le contenu aux utilisateurs, il devient dans ce cas d’autant plus déterminant de proposer la page de la façon la plus efficiente possible.

Voici un article qui revient plus en détail sur ce phénomène et ses raisons possibles.

Classements

PositionUniversitéURLEcoscore (/100)Impact carbone (gEqCO2)
1UNIVERSITÉ SAVOIE MONT-BLANC (EX CHAMBERY)https://www.univ-smb.fr/590.23
2UNIVERSITÉ PARIS-SACLAYhttps://www.UNIVERSITÉ-paris-saclay.fr/630.25
3UNIVERSITÉ LE HAVRE NORMANDIEhttps://www.univ-lehavre.fr/550.25
4UNIVERSITÉ JEAN MONNET SAINT ETIENNEhttps://www.univ-st-etienne.fr/fr/index.html660.27
5UNIVERSITÉ RENNES 1https://www.univ-rennes1.fr/590.28
6UNIVERSITÉ PAU ET DES PAYS DE L'ADOUR (UPPA)https://www.univ-pau.fr/520.3
7UNIVERSITÉ CLERMONT AUVERGNEhttps://www.uca.fr/540.31
8UNIVERSITÉ DE TOULONhttps://www.univ-tln.fr/570.31
9UNIVERSITÉ NIMEShttps://www.unimes.fr/fr/index.html610.31
10UNIVERSITÉ GRENOBLE ALPEShttps://www.univ-grenoble-alpes.fr/680.31
11UNIVERSITÉ ORLEANShttps://www.univ-orleans.fr/fr?redirect=0600.32
12UNIVERSITÉ ANGERShttps://www.univ-angers.fr/fr/index.html500.33
13UNIVERSITÉ DE CAEN NORMANDIEhttp://www.unicaen.fr/580.34
14UNIVERSITÉ CLAUDE BERNARD LYON 1https://www.univ-lyon1.fr/350.35
15INSTITUT NATIONAL UNIVERSITAIRE CHAMPOLLION ALBIhttps://www.univ-jfc.fr/albi390.35
16UNIVERSITÉ BORDEAUX MONTAIGNE (EX BORDEAUX 3)https://www.u-bordeaux-montaigne.fr/fr/index.html480.36
17UNIVERSITÉ JEAN MOULIN LYON 3https://www.univ-lyon3.fr/400.36
18UNIVERSITÉ SORBONNE UNIVERSITÉhttps://www.sorbonne-UNIVERSITÉ.fr/390.36
19UNIVERSITÉ TOULOUSE 1 CAPITOLEhttps://www.ut-capitole.fr/410.36
20UNIVERSITÉ LILLEhttps://www.univ-lille.fr/580.37
21UNIVERSITÉ LA ROCHELLEhttps://www.univ-larochelle.fr/490.37
22AIX-MARSEILLE UNIVERSITÉhttps://www.univ-amu.fr/540.38
23UNIVERSITÉ POLYTECHNIQUE HAUTS DE FRANCE (EX VALENCIENNES)https://www.uphf.fr/500.41
24UNIVERSITÉ REIMS CHAMPAGNE ARDENNEhttps://www.univ-reims.fr/400.41
25UNIVERSITÉ DE PERPIGNAN - VIA DOMITIAhttp://www.univ-perp.fr/360.41
26UNIVERSITÉ LITTORAL COTE D'OPALEhttp://www.univ-littoral.fr/380.42
27UNIVERSITÉ MONTPELLIERhttps://www.umontpellier.fr/370.43
28UNIVERSITÉ STRASBOURGhttps://www.unistra.fr/520.44
29UNIVERSITÉ DE BORDEAUXhttps://www.u-bordeaux.fr/410.44
30UNIVERSITÉ RENNES 2https://www.univ-rennes2.fr/610.46
31UNIVERSITÉ PARIS-EST CRETEILhttps://www.u-pec.fr/510.48
32UNIVERSITÉ BRETAGNE OCCIDENTALE (EX UNIVERSITÉ DE BREST)https://www.univ-brest.fr/450.48
33UNIVERSITÉ PARIS 2 PANTHEON ASSAShttps://www.u-paris2.fr/fr370.49
34UNIVERSITÉ LIMOGEShttps://www.unilim.fr/250.5
35UNIVERSITÉ DE HAUTE ALSACE (EX MULHOUSE)https://www.uha.fr/fr/index.html360.52
36BOURGOGNE UNIVERSITÉ (EX DIJON)https://www.u-bourgogne.fr/550.52
37UNIVERSITÉ TOULOUSE 3 - PAUL SABATIERhttp://www.univ-tlse3.fr/650.52
38UNIVERSITÉ BRETAGNE SUDhttps://www.univ-ubs.fr/fr/index.html290.53
39UNIVERSITÉ AVIGNONhttps://univ-avignon.fr420.53
40UNIVERSITÉ GUSTAVE EIFFEL (EX PARIS-EST MARNE-LA-VALLEE)https://www.univ-gustave-eiffel.fr/420.54
41CY CERGY PARIS UNIVERSITÉ (EX CERGY PONTOISE)https://www.cyu.fr/580.55
42UNIVERSITÉ EVRY VAL D'ESSONNEhttps://www.univ-evry.fr/360.56
43UNIVERSITÉ NANTEShttps://www.univ-nantes.fr/490.61
44UNIVERSITÉ CORSEhttps://www.universita.corsica/fr/190.64
45UNIVERSITÉ SORBONNE PARIS NORD (EX PARIS 13)https://www.univ-paris13.fr/340.67
46UNIVERSITÉ DE PARIS (EX PARIS 5)https://u-paris.fr/280.72
47UNIVERSITÉ NICEhttp://univ-cotedazur.fr/230.94
48UNIVERSITÉ VERSAILLES SAINT QUENTIN EN YVELINEShttp://www.uvsq.fr/301.1
PositionUniversitéURLEcoscore (/100)Impact Carbone (gEqCO2)
1ICD Paris Toulousehttps://www.icd-ecoles.com/160.55
2EMLV Paris La Défensehttps://www.emlv.fr/200.84
3ESCE Parishttps://www.esce.fr/230.49
4TBS Educationhttps://www.tbs-education.fr/270.51
5IESEG Lille Parishttps://www.ieseg.fr/270.57
6NEOMA Business School Reims Rouen Parishttps://neoma-bs.fr/290.64
7ESCP Business School Parishttps://escp.eu/paris310.82
8Brest Business Schoolhttps://brest-bs.com/320.35
9ISTEC Parishttps://istec.fr/320.68
10South Champagne Business School (ex ESC Troyes)https://www.scbs-education.com/330.47
11IDRAC Business School Lyonhttps://www.ecoles-idrac.com/campus/campus-lyon/340.54
12IPAG Paris Nicehttps://www.ipag.edu/370.47
13EBS Parishttps://www.ebs-paris.fr/370.51
14ESDES Lyonhttps://www.esdes.fr/380.43
15EM Strasbourghttps://www.em-strasbourg.com/fr380.54
16Excelia Business School (ex-La Rochelle Business School)https://www.excelia-group.fr/a-propos-dexcelia/nos-ecoles/excelia-business-school390.48
17ESC Clermont Business Schoolhttps://www.esc-clermont.fr/391.06
18EDHEC Business School Lillehttps://www.edhec.edu/fr400.43
19Burgundy School of Business Dijon Lyonhttps://www.bsb-education.com/400.52
20Audencia Business School Nanteshttps://www.audencia.com/410.42
21ISC Parishttps://iscparis.com/410.45
22ICN Business School Nancy Parishttps://www.icn-artem.com/410.49
23INSEEC Paris Bordeaux Lyonhttps://www.inseec.com/430.41
24Grenoble EMhttps://www.grenoble-em.com/430.49
25Institut Mines-Télécom Business School Evry Parishttps://www.imt-bs.eu/430.5
26SKEMA Business School Lille Paris Sophia Antipolishttps://www.skema-bs.fr/470.52
27ISG Parishttps://www.isg.fr/campus/paris471.14
28Montpellier Business Schoolhttps://www.montpellier-bs.com/490.31
29Rennes School of Businesshttps://www.rennes-sb.fr/500.29
30Paris SB Parishttps://www.psbedu.paris/fr500.39
31HEC Parishttps://www.hec.edu/fr560.43
32EDC Paris Business Schoolhttps://www.edcparis.edu/fr/570.47
33KEDGE Business School Bordeaux Marseillehttps://kedge.edu/600.26
34ESSCA Angers Paris Aix-en-Provence Lyon Bordeauxhttps://www.essca.fr/600.32
35EM Normandie Le Havrehttps://www.em-normandie.com/fr610.35
36ESSEC Cergy-Pontoisehttps://www.essec.edu/fr/620.32
37emlyon Business Schoolhttps://em-lyon.com/640.32
PositionUniversitéURLEcoscore (/100)Impact Carbone (gEqCO2)
1École centrale - Lyonhttps://www.ec-lyon.fr/670.22
2CentraleSupélechttps://www.centralesupelec.fr/600.23
3ESIEA - Paris - Lavalhttps://www.esiea.fr/540.27
4Grenoble INP - Génie industrielhttps://genie-industriel.grenoble-inp.fr/630.28
5ESTIA - Bidarthttps://www.estia.fr/formations680.28
6Telecom Parishttps://www.telecom-paris.fr/490.28
7UTT - Troyeshttps://www.utt.fr/560.3
8École des mines ParisTechhttps://www.minesparis.psl.eu/570.3
9École polytechniquehttps://www.polytechnique.edu/480.31
10AgroParisTechhttp://www.agroparistech.fr/490.31
11Grenoble INP - Phelmahttps://phelma.grenoble-inp.fr/540.32
12IMT Atlantiquehttps://www.imt-atlantique.fr/fr550.32
13INSA Toulousehttps://www.insa-toulouse.fr/fr/index.html510.33
14INP Bordeaux- ENSEIRB - Matmecahttps://enseirb-matmeca.bordeaux-inp.fr/fr440.34
15ENSTA Parishttps://www.ensta-paris.fr/400.35
16Grenoble INP - Ense³https://ense3.grenoble-inp.fr/440.35
17ESIEE Paris - Marne-la-Valléehttps://www.esiee.fr/530.35
18CY Techhttps://cytech.cyu.fr/540.35
19École des ponts ParisTech - Marne-la-valléehttps://www.ecoledesponts.fr/470.36
20Efrei Parishttps://www.efrei.fr/570.37
21IG2I (Centrale Lille)https://ig2i.centralelille.fr/360.38
22ECE - Parishttps://www.ece.fr/540.39
23Arts et Métiers Sciences et Technologieshttps://artsetmetiers.fr/440.4
24École centrale - Nanteshttps://www.ec-nantes.fr/450.41
25ECPM - Strasbourghttps://ecpm.unistra.fr/310.42
26École des mines - Nancyhttps://mines-nancy.univ-lorraine.fr/360.42
27ENSEEIHT - INP Toulousehttps://www.enseeiht.fr/fr/index.html410.43
28Grenoble INP - Ensimaghttps://ensimag.grenoble-inp.fr/500.44
29École des mines - Saint-Etiennehttps://www.mines-stetienne.fr/280.44
30IMT Mines Alèshttps://www.imt-mines-ales.fr/400.44
31ENSCP - Chimie ParisTechhttps://www.chimieparistech.psl.eu/310.44
32INSA Lyonhttps://www.insa-lyon.fr/360.45
33ESPCI Parishttps://www.espci.psl.eu/fr/410.46
34ITEEM (Centrale Lille)https://iteem.centralelille.fr/330.46
35ISAE-SUPAERO - Toulousehttps://www.isae-supaero.fr/fr/390.46
36IMT Nord Europehttps://imt-nord-europe.fr/360.47
37Télécom SudParis - Evryhttps://www.telecom-sudparis.eu/390.48
38IMT - Albi Carmauxhttps://www.imt-mines-albi.fr/380.48
39ENSTA Bretagne - Bresthttps://www.ensta-bretagne.fr/fr400.51
40École centrale - Lillehttps://ecole.centralelille.fr/260.54
41École centrale - Marseillehttps://www.centrale-marseille.fr/450.55
42UTC - Compiègnehttps://www.utc.fr/360.56
43ENSAE Parishttps://www.ensae.fr/260.64
44ESTP - Parishttps://www.estp.fr/400.66
45ESTACAhttps://www.estaca.fr/460.74
46UTBM - Belfort-Montbéliardhttps://www.utbm.fr/250.86
47ENSCM - Chimie Montpellierhttps://www.enscm.fr/fr/260.86
48ESILV - Paris-La Défensehttps://www.esilv.fr/170.93
49ENI - Metzhttps://enim.univ-lorraine.fr/271.04
50ISEP - Parishttps://www.isep.fr/281.35
PositionUniversitéURLEcoscore (/100)Impact Carbone (gEqCO2)
1Princeton Universityhttps://www.princeton.edu/660.22
2KU Leuvenhttps://www.kuleuven.be730.22
3University of Manchesterhttps://www.manchester.ac.uk/690.22
4LMU Munichhttps://www.lmu.de/en/index.html720.23
5Heidelberg Universityhttps://www.uni-heidelberg.de/en650.24
6University of British Columbiahttps://www.ubc.ca/580.24
7Northwestern Universityhttps://www.northwestern.edu/710.25
8Yale Universityhttps://www.yale.edu/610.25
9King's College Londonhttps://www.kcl.ac.uk/630.26
10University of Melbournehttps://www.unimelb.edu.au/630.26
11University of Edinburghhttps://www.ed.ac.uk/620.26
12Massachusetts Institute of Technologyhttps://web.mit.edu/570.27
13Nanyang Technological University Singaporehttps://www.ntu.edu.sg/620.27
14Georgia Institute of Technologyhttps://www.gatech.edu/610.28
15University of Oxfordhttps://www.ox.ac.uk/610.29
16University of Washingtonhttp://www.washington.edu/640.29
17University of California Berkeleyhttps://www.berkeley.edu/740.3
18Duke Universityhttps://duke.edu/590.3
19Cornell Universityhttps://www.cornell.edu/670.3
20University of Pennsylvaniahttps://www.upenn.edu/670.32
21University of Michigan-Ann Arborhttps://umich.edu/600.32
22Imperial College Londonhttp://www.imperial.ac.uk/620.33
23New York Universityhttps://www.nyu.edu/490.34
24University of Torontohttps://www.utoronto.ca/580.35
25McGill Universityhttps://www.mcgill.ca/460.37
26École Polytechnique Fédérale de Lausannehttps://www.epfl.ch/500.37
27University of Cambridgehttps://www.cam.ac.uk/530.37
28Stanford Universityhttps://www.stanford.edu/580.38
29Carnegie Mellon Universityhttps://www.cmu.edu/450.38
30Johns Hopkins Universityhttps://www.jhu.edu/490.39
31London School of Economics and Political Sciencehttps://www.lse.ac.uk/580.41
32Technical University of Munichhttps://www.tum.de/en/540.41
33National University of Singaporehttps://www.nus.edu.sg/550.41
34ETH Zurichhttps://ethz.ch/en.html440.42
35University of California San Diegohttps://www.ucsd.edu/530.43
36University of Illinois at Urbana-Champaignhttps://illinois.edu/370.45
37Chinese University of Hong Konghttps://www.cuhk.edu.hk/english/index.html420.46
38Paris Sciences et Lettres - PSL Research University Parishttps://psl.eu/400.48
39Harvard Universityhttps://www.harvard.edu/60.49
40California Institute of Technologyhttps://www.caltech.edu/440.58
41University of California Los Angeleshttps://www.ucla.edu/280.59
42University of Texas at Austinhttps://www.utexas.edu/470.63
43The University of Tokyohttps://www.u-tokyo.ac.jp/en/400.66
44Columbia Universityhttp://www.columbia.edu/410.7
45The University of Chicagohttps://www.uchicago.edu/380.77
46UCLhttps://www.ucl.ac.uk/420.87
47University of Hong Konghttp://hku.hk/211.61
48Tsinghua Universityhttps://www.tsinghua.edu.cn/en/index.htm292.46
49Peking Universityhttps://english.pku.edu.cn/273.1

Bilan

Tous classements confondus, on note que le site le plus impactant en CO2 l’est 7 fois plus que le moins impactant !

On note aussi que l’Ecoscore Greenspector moyen est plus élevé pour le classement monde que pour les classements d’établissements français. En moyenne, les sites du classement mondial sont plus nombreux à être mieux optimisés, ce qui n’empêche pas les 3 pires sites du classement monde d’être plus impactants en carbone que n’importe quel site des classements d’établissements français.

Sur les sites qui se hissent en haut de chaque classement, les avantages apportés par l’application de certaines bonnes pratiques sont indéniables. Toutefois, ceux qui s’en sortent le mieux complètent (ou précèdent) leurs actions sur l’efficience par un effort de sobriété.

Enfin, on trouve encore sur la plupart des sites des erreurs d’accessibilité, ce qui peut être rédhibitoire pour l’intégration d’élèves en situation de handicap ou en tout cas pour que ces derniers accèdent facilement à certaines informations ou services.

Pour plus d’explications des résultats et du détails des bonnes ou mauvaises pratiques, nous vous invitons à (re)découvrir le replay du webinar par Laurent DEVERNAY, expert sobriété numérique chez Greenspector.

Selon le site de l’Education Nationale, 24% de la population active en France serait en situation de handicap. Pour rappel, 80% des handicaps ne sont pas immédiatement visibles (notamment parce que les types de handicaps sont très nombreux).

Alors même que l’accessibilité des services numériques fait l’objet d’une réglementation en particulier en France (via le RGAA), la mise en conformité a encore bien du retard, notamment pour les services numériques publics. A titre d’exemple, une étude du WebAIM estime que 97,4% du million de sites web parmi les plus visités comportent au moins une erreur d’accessibilité.

Ce sera par exemple le cas pour des ENT ou sites sur lesquels la langue est mal définie, ce qui entraînera des problèmes pour les étudiants qui voudraient traduire automatiquement les textes dans une autre langue (et pour des étudiants utilisant un lecteur d’écran).

Découvrez une présentation succincte de l’accessibilité numérique ainsi que des ressources pour aller plus loin sur ce sujet.

Pour chacun de ses sites web, mesurés sur un smartphone S7 (Android 8), les mesures ont été réalisées au travers de notre Greenspector Benchmark Runner, permettant la réalisation de tests automatisés. Les mesures ont été réalisées fin janvier 2022.

Détail des scénarios :
– Chargement du site web
– Scroll de la page
– Inactivité site web en premier-plan
– Inactivité site web en arrière-plan

Chaque mesure est la moyenne de 3 mesures homogènes (avec un écart-type faible). Les consommations mesurées sur le smartphone donné selon un réseau de type wifi peuvent être différentes sur un PC portable avec un réseau filaire par exemple. Pour chacune des itérations, le cache est préalablement vidé.

Découvrez comment Greenspector évalue l’empreinte environnementale d’un service numérique.

GreenTech Forum : Classement de la sobriété des sites partenaires et exposants

Reading Time: 4 minutes

À l’occasion du GreenTech Forum 2021, Greenspector a évalué l’écoscore de sobriété et de performance des sites web des partenaires et exposants de l’évènement.


L’ambition du GreenTech Forum est de promouvoir le numérique responsable afin de permettre aux organisations publiques et privées de réduire leur impact environnemental. L’écosystème du numérique des partenaires présentera ses solutions, des retours d’expériences. Mais qu’en est-il de sites web de tous les acteurs partenaires en terme d’impact de la vitrine de l’offre de service ?

Accéder au classement lire le témoignage de PathTech

Résultats de l’évaluation de la sobriété des sites partenaires et exposants du GreenTech Forum

En moyenne, un site partenaire ou exposant du GreenTech Forum obtient un impact carbone de 0,40 gEqCO2. 43 / 63 sites web se trouvent en dessous de cette moyenne, ce qui traduit une très bonne tendance générale mais avec une forte variation. Le premier de ce classement consomme 13x moins que le dernier site.

Métriques évaluées ou mesurées par Greenspector
(60 secondes)
Moyenne
Impact carbone (g eqCO2)0,40 gEqCO2
Ressource en eau (Litres)0,06 Litres
Occupation des sols (m²)0,55 m²
Consommation d’énergie (mAh)4,73 mAh
Données échangées (Mo)3,13 Mo
Mémoire consommée (Mo)635 Mo
CPU (%)3,13%
Nombre de requêtes web80

Répartition des sites web suivant leur impact carbone (gEqCO2).

La majorité des sites partenaires (38 / 62) du GreenTech Forum ont un impact se situant entre 0,21 et 0,40 gEqCO2.

Témoignage de PathTech – 3ème de ce classement

Merci à Gauthier JENCZAK, responsable du Développement Commercial de PathTech, qui a accepté de répondre à nos questions suite à notre classement.

  • Bravo à PathTech pour cette 3ème place sur le podium GreenTechForum 2021 des sites web les plus sobres des acteurs engagés pour un numérique responsable – qui est PathTech ?

Pathtech, c’est la convergence d’énergie et d’idées de 4 passionné.es, engagé.es depuis plusieurs années pour la planète et l’humain.
Pathtech, c’est l’association de ces 4 personnes autour d’un objectif en commun : celui de mettre leur talent de conception, leurs conseils techniques et organisationnels et leur motivation au service de la conception et du développement d’outils numériques à impacts positifs pour la Planète et pour l’Humain. Pathtech, c’est désormais une équipe de 9 personnes engagées autour de ces mêmes valeurs. 

  • Comment PathTech intègre l’éco-responsabilité numérique dans ses projets ?

L’éco-responsabilité numérique fait partie de l’ADN de Pathtech. 
Nous portons déjà attention particulière à l’analyse fonctionnelle et technique au démarrage du projet.
Y a-t-il des fonctions qui semblent inutiles ? Les principes d’accessibilité sont-ils respectés ? Quelles améliorations pouvons nous proposer à nos clients pour rendre leur produit le plus éco-responsable possible en respectant leur besoin ? 
Une fois le produit en développement, c’est cette pré-analyse, et une stratégie de tests solide qui nous permettent de nous assurer de respecter les objectifs d’éco-responsabilité que nous nous étions fixés. 

  • Quels sont vos secrets de fabrication d’un site web éco-responsable ?

Dès la conception, pensez sobriété numérique !
Le plus gros impact c’est d’intégrer une fonctionnalité dont on peut se passer, donc il faut faire un vrai travail de sélection. Et si l’on a peur d’avoir ensuite un site trop épuré, il ne faut pas hésiter à demander un avis autour de soi et intégrer ensuite les retours pertinents, c’est ce nous avions fait avec nos proches. 

Est-ce que ce résultat sur votre site est une (bonne) surprise ?

Lors de la création de notre site, nous avons été vigilants sur plusieurs points :

  • Notre index Eco-Impact
  • Notre hébergeur. L’objectif était de prendre un hébergeur local pour réduire le transport des données mais aussi de faire attention au respect des normes environnementales chez cet hébergeur.
  • Notre framework javascript. On utilise react.js pour le moment, mais nous étudions la possibilité de passer sur un framework SSR ou sur des données statiques pour réduire l’impact sur les terminaux de nos visiteurs. 
  • La conception. Privilégier le « mobile first » pour chargé un minimum de données CSS et avoir un site plus sobre et épuré. 
  • La taille et le format des images. 
  • Le respect des normes d’accessibilités. 

Constater que ces efforts de conception ont porté leurs fruits a été une vraie belle surprise pour nous, encore plus quand ce classement est établi par Greenspector.

  • Aviez-vous déjà mesuré votre site web dans des conditions réelles et sur appareils réels ?

C’était la première fois que nous nous prêtions à l’exercice. Cela permet d’avoir une autre vision, complémentaire à celle qui peut être donnée par les index que nous citions précédemment. Nous réfléchissons d’ailleurs à intégrer ce moyen de mesure dans nos process. 

Classement des sites web partenaires ou exposants du GreenTech Forum

ClassementURLImpact Carbone (gEqCO2)Ressources en Eau (Litres)Occupation des Sols (m²)Énergie consommée (mAh)CPU (%)Données échangées (Mo)Mémoire consommée (Mo)Requêtes web
1https://www.boavizta.org/0.160.030.343.161.780.295529
2https://commown.coop/0.170.030.363.381.420.284408
3https://pathtech.fr/0.190.030.393.671.820.885708
4https://www.lewebvert.fr/0.190.030.383.471.690.2855220
5https://alliancegreenit.org/0.20.030.393.612.030.4957918
6https://carbonscore.fr/0.20.030.423.952.180.385819
7https://www.greenspector.com/0.210.030.393.531.810.358135
8https://greenmetrics.io/0.220.040.413.742.250.4262428
9https://groupe-isia.com/0.220.030.393.561.931.5257918
10https://www.latitudes.cc/0.220.040.413.694.170.757831
11https://aguaro.io/fr0.230.040.423.811.950.8276331
12https://www.environnement-magazine.fr/0.230.040.43.621.890.6756835
13http://ateliers-du-bocage.fr/0.240.040.413.711.71.2275634
14https://leshorizons.net/0.240.040.43.551.70.9746543
15https://www.elee.fr/0.240.040.423.781.580.759343
16https://www.bpifrance.fr/0.250.040.433.842.531.2658940
17https://www.greentech-forum.com/0.250.040.443.972.941.245435
18https://www.lenouveleconomiste.fr/0.260.040.423.752.691.0659350
19https://www.fruggr.io/0.270.040.454.022.911.759742
20https://www.greenit.fr/0.270.040.43.381.820.6857772
21https://verdikt.io/0.280.040.464.072.331.4860549
22https://www.cinov-numerique.fr/0.280.040.494.493.171.879931
23https://www.planet-techcare.green/0.280.040.423.681.632.2146647
24https://www.xscalibur.fr/0.280.040.433.71.951.1457062
25https://thegreencompagnon.com/0.290.040.443.730.980.5947979
26https://www.octo.com/0.290.040.433.821.392.3769752
27https://www.dsih.fr/0.30.050.484.262.191.7171955
28https://www.treebal.green/0.310.040.423.851.765.5458518
29https://www.zenika.com/0.310.040.453.833.010.9456983
30https://www.capgemini.com/fr-fr/0.330.050.443.752.171.7961085
31http://green-news-techno.net/0.340.050.54.333.562.7160364
32https://itancia.com/0.340.050.524.564.992.4770157
33https://www.easyvirt.com/0.340.050.474.021.991.9178483
34https://www.avob.com/0.350.050.54.352.72.6464469
35https://www.digital-aquitaine.com/0.350.050.585.153.921.7950255
36https://www.itforbusiness.fr/0.360.050.514.394.032.8763873
37https://www.alliancy.fr/0.370.050.544.653.442.0563184
38https://www.dolist.com/0.370.060.65.354.622.3152659
39https://www.medef.com/fr/0.370.050.524.432.932.5875785
40https://www.rzilient.club/0.370.050.54.443.084.6360154
41https://talentsdunumerique.com/0.380.050.524.493.073.5362671
42https://www.leasecom.fr/0.380.050.494.273.484.4862570
43https://www.wf3.fr/0.380.050.544.623.772.0961190
44https://www.ademe.fr/0.40.050.483.912.553.32595109
45https://www.apl-datacenter.com/fr/0.410.060.534.463.732.76702105
46http://greenconnectservices.com/0.420.060.675.983.492.7482170
47https://numeum.fr/0.430.050.443.411.093.35476144
48https://www.esaip.org/0.430.060.574.953.85.267667
49https://www.nuageo.fr/0.430.060.554.524.591.5621135
50https://www.orsys.com/0.480.060.514.342.787.7360785
51http://www.maddyness.com/0.510.080.857.648.812.8467075
52https://datacenter-magazine.fr/0.520.070.625.042.463.06695160
53https://myrhline.com/0.530.091.019.396.082.7867636
54https://greenremarket.fr/0.530.060.544.433.048.66639103
55https://www.linfodurable.fr/0.540.070.685.792.785.38780117
56https://www.afnum.fr/0.550.070.635.436.069.2173881
57https://www.innovation24.news/0.60.080.735.965.563.59699178
58https://www.societe-informatique-de-france.fr/0.60.080.695.493.723.63853192
59https://www.alten.com/0.640.080.686.065.8714.4764747
60https://www.recommerce-group.com/0.660.090.877.164.72.21960206
61https://www.accenture.com/fr-fr0.940.151.816.597.194.2858579
62https://systematic-paris-region.org/1.230.151.158.435.6710.1860449
63https://www.lemondedelenergie.com/2.070.21.157.554.1246.59809527

Vous êtes partenaire ou exposant de l’évènement, vous apparaissez ou non dans ce classement et vous souhaitez connaître l’impact environnemental de votre site web ? Contactez-nous pour obtenir le détail de votre mesure et projection d’impacts !

Retrouvez-nous sur place du 30 novembre au 1er décembre, stand C14, nous répondrons à toutes vos questions. N’hésitez pas à nous contacter pour planifier un rendez-vous ! Découvrez également nos interventions.

Pour chacun de ses sites web, mesurés sur un smartphone S7 (Android 8), les mesures ont été réalisées au travers de notre Greenspector Benchmark Runner, permettant la réalisation de tests automatisés. Les mesures ont été réalisées le 17 novembre 2021.

Détail des scénarios :
– Chargement de l’application
– Inactivité site web en premier-plan
– Scroll
– Inactivité site web en arrière-plan

Chaque mesure est la moyenne de 5 mesures homogènes (avec un écart-type faible). Les consommations mesurées sur le smartphone donné selon un réseau de type wifi peuvent être différentes sur un PC portable avec un réseau filaire par exemple. Pour chacune des itérations, le cache est préalablement vidé.

Consultez notre méthodologie d’évaluation de l’impact environnemental.

Optimiser l’énergie des smartphones pour réduire l’impact du numérique et éviter l’épuisement des ressources naturelles

Reading Time: 6 minutes

Introduction

La durée de vie d’un smartphone est en moyenne de 33 mois à l’échelle mondiale. Sachant qu’un smartphone contient plus de 60 matériaux, dont des terres rares et que son empreinte carbone est située entre 27 et 38 kg eqCO2, le rythme actuel de remplacement des smartphones est trop rapide.

Différentes raisons peuvent expliquer ce rythme de renouvellement. La perte d’autonomie et les problèmes batterie en sont les raisons principales (smartphone : un changement sur trois à cause de la batterie). Augmenter la capacité des batteries est une solution qui semble intéressante mais qui ne résoudrait pas le problème. En effet, les données échangées continuent à augmenter et cela a un impact sur la puissance des smartphones. Les sites web sont toujours aussi lourds, voir de plus en plus lourds… Alors est-ce un problème irrésolvable ? Quel est le lien entre l’autonomie concrète que nous vivons à titre personnel et ce constat sur l’impact du numérique ?  

Méthodologie

Nous sommes partis d’une analyse via le biais de la consommation web. En effet, les mobinautes passent en moyenne 4,2h par jour à naviguer sur le web.

Lors d’une précédente étude sur l’impact des navigateurs web Android, nous avons mesuré la consommation de 7 sites web différents sur plusieurs applications de navigation web et ce depuis un smartphone milieu de gamme, un Samsung Galaxy S7. Cela nous permet de projeter cette consommation sur une consommation mondiale et d’appliquer des hypothèses d’optimisation pour identifier les marges de manœuvre. 

Même si les incertitudes sont élevées (diversité de mobile, diversité d’usage…), cette action nous permet d’identifier les marges de manœuvre pour améliorer le cycle de vie des smartphones. Le choix du Galaxy S7 permet d’avoir un smartphone proche (à 1 an près) de l’âge moyen des smartphones mondiaux (18 mois).

Quelle est la consommation annuelle de la navigation web sur mobile ? 

Voici nos hypothèses de départ : 

La consommation annuelle des smartphones estimée est de 2 774 milliards d’ampères-heures. Pas très concret ? Si l’on considère qu’une batterie moyenne de 3000 mAh peut effectuer 500 cycles de charges/décharges complets avant de commencer à être inutilisable et que1 850 millions de batterie sont utilisées chaque année pour naviguer sur le web. Ce chiffre vous parait exagéré ? Il y a 5,66 milliards de smartphones dans le monde, cela correspondrait à un problème qui toucherait 36% du parc mondial chaque année. Si l’on considère que 39% des utilisateurs vont changer leur smartphone pour des raisons de batterie et qu’uniquement 26% des utilisateurs vont remplacer les batteries en cas d’usure, on obtient le chiffre de 1 200 millions de batteries, ce qui corrobore nos chiffres. Pas incohérent au final, quand on observe les cycles de renouvellement des téléphones et de batterie. 

Est-ce que réduire la consommation des navigateurs aurait un impact ? 

Les navigateurs web sont des moteurs importants dans la consommation du web. Nos mesures montrent des différences importantes de consommation d’énergie entre les navigateurs. Ces différences s’expliquent par des implémentations et des performances hétérogènes. Dans le graphique suivant, la consommation de la navigation sur 7 sites, incluant le lancement du navigateur, l’usage de fonctionnalité comme l’écriture d’URL et la navigation elle-même est visualisée.

Nous partons sur une hypothèse des éditeurs optimisant les navigateurs. En considérant une consommation hypothétique de tous les navigateurs égale à celle du plus sobre (Firefox Focus), on obtient une réduction de la consommation totale annuelle qui permet, avec les mêmes hypothèses sur la durée de vie, d’économiser 400 millions de batteries par an. Sachant qu’il se vend 1 500 millions de smartphones par an, en prenant les mêmes hypothèses que précédemment sur les taux de remplacement et de réparation, cela ferait une économie de 7% du parc de téléphone vendu chaque année.  

Est-ce que réduire la consommation des sites aurait un impact ? 

Il est également possible que les sites web soient beaucoup plus sobres. Nous avons pris l’hypothèse d’une consommation proche de celle de Wikipédia. De notre point de vue, pour avoir audité et mesuré de nombreux sites, c’est possible mais en engageant des actions importantes : optimisation des fonctionnalités, réduction des publicités et du tracking, optimisation technique…    

Voici pour exemple la représentation de la consommation d’énergie du site l’Equipe. On voit que le chargement va consommer jusqu’à 3 fois la consommation de référence. La marge d’optimisation est énorme dans ce cas précis sachant que de nombreux sites arrivent à un facteur inférieur à x2. 

Dans le cas d’une sobriété des sites web, en prenant les mêmes hypothèses et méthodes de calcul que pour la sobriété des navigateurs, on pourrait économiser 294 millions de batteries par an, soit réduire le renouvellement du parc annuellement de 5%

Est-ce que réduire la consommation de l’OS est possible et aurait un impact ? 

La question sur l’impact du matériel et de l’OS se pose souvent. Pour prendre en compte cet impact nous avons plusieurs données à notre disposition. Une donnée importante est la consommation de référence du smartphone. C’est la consommation du matériel et de l’OS. Pour le Galaxy S7, cette consommation est de 50µAh/s.  

En prenant les mêmes hypothèses que celles prises pour calculer la consommation totale (2 774 Milliard Ah), la consommation annuelle attribuée à la part matérielle et OS serait de 1 268 milliards d’ampère-heure soit 45% de la consommation totale.  

Est-ce donc le plateau de verre de l’optimisation ? Non pas vraiment car il existe beaucoup de pistes d’optimisation envisageables : Android lui-même par exemple. Nous avons réalisé une expérimentation qui montre qu’il est possible de réduire de façon importante la consommation des fonctionnalités Android. Les surcouches des constructeurs sont aussi une piste de réduction de la consommation. 

Selon notre expérience, nous estimons qu’une réduction de 5% de la consommation est totalement possible. Ceci permettrait d’économiser 350 millions de batteries soit 6% du parc

Quels gains environnementaux espérer ? 

L’application de la sobriété numérique à différents niveaux permettrait de réduire de plus de la moitié le nombre mondial de batteries usées par an

Même dans l’hypothèse où les utilisateurs ne renouvellent pas systématiquement leurs smartphones pour des raisons de perte d’autonomie ou remplacent uniquement leur batterie usée, on pourrait réduire de 17% le renouvellement annuel de smartphone

Dans le meilleur des cas, si l’on projette que la plupart des utilisateurs remplaceront leur batterie, les gains potentiels seraient de 2 millions de T eqCO2. Mais les gains pourraient être beaucoup plus importants si l’on considère que les pratiques de remplacement ne changent pas assez vite et que les utilisateurs changent les smartphones plutôt que les batteries : 47 millions de TeqCO2

En étant optimiste sur une augmentation des capacités des batteries, une non-augmentation de l’impact des logiciels, et un impact non augmenté des plus grosses batteries, le nombre de batteries utilisées pourrait être divisé par deux, de la même manière l’impact environnemental par deux. Mais est-ce encore suffisant ? Plutôt aller sur une augmentation de la capacité des batteries et une diminution de la consommation d’énergie et alors obtenir un gain de 4 sur l’impact en multipliant la capacité par deux ! 

L’énergie sur smartphone, des petites gouttes mais un impact au final énorme 

Nous avons l’impression que l’énergie est illimitée, il suffit juste de recharger notre smartphone. Néanmoins, même si l’énergie était illimitée et sans impact, les batteries elles, sont des consommables. Plus nous les utilisons, plus nous les usons et plus nous utilisons des ressources non-renouvelables comme des terres rares, sans compter les autres coûts environnementaux, sociaux et géopolitiques. Nous pouvons attendre des évolutions technologiques pour améliorer les capacités et améliorer la remplaçabilité des batteries, cependant les puits d’économies sont gigantesques. Le remplacement des batteries n’est en effet pas la solution miracle car même si on prolonge la durée de vie du smartphone, la batterie est à jeter ou à recycler, et le recyclage du Lithium n’est pas encore assuré (P.57). Gigantesque car nous utilisons nos smartphones de nombreuses heures. Gigantesques car nous sommes des milliards d’utilisateurs.  

L’exercice que nous avons réalisé est totalement prospectif, il faudrait que tous les éditeurs de navigateurs intègrent la sobriété, que tous les sites soient éco-conçus. Cela montre cependant que l’optimisation de l’énergie des applications et des sites web a un sens dans l’empreinte environnementale du numérique. Certains voyant uniquement l’énergie du rechargement négligent cet aspect. Cependant on le voit dans cette projection, les gains environnementaux sont beaucoup plus importants. 

Ce chiffre est important et en même temps faible : 47 Millions de Teq CO2 pour le monde, c’est 6% de l’empreinte française. Cependant, le CO2 n’est pas l’unique métrique à regarder. Autre problématique par exemple non négligeable : la pénurie de Lithium en 2025 mais aussi l’eau.

A tout cela, il faudrait ajouter des problématiques associées aux nouvelles pratiques et nouveaux matériaux : 

… la filière évolue sans cesse, pour répondre à des enjeux tantôt commerciaux, tantôt économiques, tantôt réglementaires. L’exemple de la batterie illustre bien cette tendance. Alors que l’on s’était familiarisé avec les batteries lithium-ion « classiques » qui contiennent principalement du lithium, du carbone, du fluor, du phosphore, du cobalt, du manganèse et de l’aluminium, de nouveaux modèles sont apparus, d’abord les batteries lithium-ion-polymère puis les batteries lithium-métal-polymère. Le cortège métallique possible, déjà conséquent, a donc été considérablement augmenté ; avec le fer, le vanadium, le manganèse, le nickel mais aussi des terres rares (cérium, lanthane, néodyme et praséodyme).

Association SystExt (Systèmes extractifs et Environnements)  https://www.systext.org/node/968 

En prenant en compte les problématiques environnementales, sociales et géopolitiques qu’impliquent les batteries, la division par 2 du nombre de batteries utilisées n’est vraiment pas suffisante ! Cela veut dire que les puits d’optimisations doivent maintenant être activés. Et si l’on veut atteindre des objectifs ambitieux, tous les acteurs, constructeurs, éditeurs d’OS et de navigateurs, acteurs du numérique… ont leur part de travail. Continuer à incanter des réductions magiques issues des technologies, à dire que l’énergie ne doit pas être optimisée, à reporter la faute à d’autres acteurs ou d’autres secteurs, expliquer que se focaliser sur les usages est une erreur… ne fait que décaler le problème. Il est nécessaire de tous se retrousser les manches et de résoudre le problème dès maintenant ! 

 

Quelles ressources réduire dans le cadre de bonnes pratiques d’éco-conception logicielle : Traitements côté serveurs ou côté utilisateurs ?

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Une des premières réponses à la question “quelles ressources” est : toutes ! Mais il est nécessaire d’avoir une réponse plus précise car certaines pratiques vont privilégier une économie côté serveurs, d’autres côté mémoire plutôt que CPU. Il y a des optimisations gagnantes pour tous les domaines mais malheureusement, le comportement des systèmes informatiques est plus capricieux !  

La piste directrice est la prolongation de la durée de vie du matériel, que ce soit pour le terminal ou pour les serveurs. On verra que pour des gains environnementaux, la diminution de l’énergie sera elle aussi une piste. 

Dans un précédent article, nous traitions de la nécessité d’optimiser l’énergie dans le cas des appareils mobiles. Aujourd’hui nous tentons de répondre à la question : quelle architecture mettre en place, et en particulier mettre les traitements côté utilisateurs ou côté serveurs ? 

La réponse est : traitement côté serveur à privilégier…

La réponse est plutôt simple : chargeons les serveurs ! En effet, lorsqu’on prend les ACV et les analyses d’impact, on observe un impact beaucoup plus fort côté utilisateurs (Exemple avec notre étude sur l’impact de la lecture d’une vidéo). Les serveurs sont mutualisés et sont optimisés pour absorber une charge. Le gestionnaire pourra de plus gérer des fluctuations de charge avec du Power Capping (absorption de pic de charge en maintenant une consommation d’énergie maîtrisée). La durée de vie des serveurs pourra elle aussi être gérée (du matériel pouvant aller jusqu’à 10 ans de durée de vie). Le respect d’une politique Green IT pourra aussi être mieux suivi et partagé.

Les terminaux quant à eux, malgré des processeurs puissants, n’ont pas ces avantages. Très peu de maîtrise de la durée de vie, pas de gestion de la santé du système, une fragmentation des puissances et donc des comportements…

…mais attention aux ressources et à la scalabilité

S’il est préférable de placer les calculs côté serveurs, cela n’est pas une excuse pour ne pas optimiser l’impact côté serveurs. La scalabilité et la montée en charge est possible mais à surveiller. Car rajouter une instance virtuelle aura un impact sur le futur besoin d’ajout de machine physique et donc viendra alourdir l’impact environnemental.

De plus, limiter la consommation d’énergie sera nécessaire car une forte demande en énergie se transférera en une augmentation de la puissance consommée sur la baie de serveurs et des besoins de refroidissement plus forts.

Et le coût des allers retours des allers-retours réseau dans ce cas ?

La question se pose sur les échanges réseaux si l’on déplace des calculs côté serveurs. Il s’agit actuellement d’un faux problème car les échanges sont trop nombreux. La ressource réseau et serveurs étant vue comme « gratuite” et les architectures allant de plus en plus vers du service / micro service, les traitements côté utilisateurs appellent trop les datacenters. Il faudra plutôt maîtriser le nombre d’échanges réseau, quel que soit le choix d’architecture.

Est-ce le cas actuellement dans les pratiques d’architecture ?

Cela n’a pas été la tendance de ces dernières années. En effet, l’arrivée de plateformes utilisateurs puissantes, i.e. avec des processeurs multicœurs et des connexions réseaux performantes, ont poussé à déplacer beaucoup de traitements côté utilisateur. Les Frameworks de développement, en particulier les Frameworks JavaScript, ont permis cela.

Cependant, la tendance commence à s’inverser. On peut notamment citer le Server-Side Rendering (SSR) avec par exemple next.js ou la génération de blogs statiques avec Hugo. On peut aussi voir les techniques maximisant l’usage des éléments déjà présents sur le terminal de l’utilisateur comme le moteur du navigateur web en utilisant plutôt du CSS que du JS.

Nous tenterons de répondre dans les prochains articles : quelles ressources (CPU, mémoire…) doit-on optimiser en priorité ?

Smartphones utilisateurs : tout savoir sur l’impact environnemental et l’usure des batteries

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Terminaux utilisateurs : l’impact environnemental élevé de la phase de fabrication

Les terminaux utilisateurs sont désormais les plus gros contributeurs à l’impact environnemental du numérique et ce phénomène est amené à se renforcer. Cette tendance s’explique principalement par un équipement de plus en plus important des foyers en smartphones, par une durée de vie réduite de ces équipements et par le fait que ces derniers ont un impact environnemental important. Impact qui est principalement dû à la phase de fabrication du smartphone. La marque Ericson annonce par exemple un impact en usage (i.e. lié à la recharge en énergie de la batterie du smartphone) de 7 kg eqCO2 sur un impact total de 57 kg eqCO2, soit seulement 12% de l’impact total. L’impact total prend en compte les différentes phases du cycle de vie du smartphone : fabrication, distribution, usage, traitement du smartphone en fin de vie.

D’où l’intéret que les constructeurs travaillent sur cette énergie grise en éco-concevant mais aussi en améliorant la possibilité d’augmenter la durée de vie du matériel via la réparabilité mais aussi la durabilité.

Au regard de tous ces constats, il pourrait paraître non-productif du point de vue environnemental de réduire la consommation d’énergie des smartphones. En tout cas, l’approche simpliste serait de mettre cet impact de côté. Mais la réalité est tout autre et les flux électriques qui sont mis en jeu dans la phase d’usage des appareils mobiles sont beaucoup plus complexes que l’on ne pourrait le croire.

Explication du fonctionnement des batteries

Les smartphones actuels sont alimentés par des batteries avec la technologie Lithium-ion. En moyenne les capacités des batteries du marché sont de 3000 mAh. La tendance est à l’augmentation de cette capacité. La batterie peut être considérée comme un consommable, tout comme une cartouche d’imprimante. Elle s’use avec le temps et la capacité initiale que vous possédiez lors de l’achat du smartphone n’est plus totalement disponible. C’est-à-dire que le 100 % indiqué par le téléphone ne correspond plus aux 3000 mAh mais à une capacité moindre. Et cette capacité initiale ne peut alors pas être récupérée.

L’usure de la batterie est principalement créée par les cycles de recharges et décharges complets. Un cycle de recharge/décharge correspond à une batterie vide que l’on rechargerait à 100 %. Je pars de chez moi le matin avec un téléphone chargé à 100 %, la batterie se vide, je recharge mon téléphone le soir à 100 %. Un cycle complet en une journée donc !

Si vous rechargez plus souvent votre téléphone, vous pourrez faire plus de cycles (plusieurs cycles incomplets sont au final équivalents à un cycle complet).

Plus le nombre de cycles croît, plus la capacité restante diminue. Cette usure amène à la fin de vie de la batterie. Les technologies actuelles permettent d’aller environ jusqu’à 500 cycles.

Arrivée en fin de cycle, la capacité de la batterie n’est plus que de 70 % de la capacité initiale. Au-delà de cette perte gênante d’autonomie, la batterie subit certaines anomalies, comme par exemple le passage rapide d’un niveau de batterie de 10 % à 0 %.

À noter que cet effet va être renforcé par l’intensité de la décharge de la batterie : si le téléphone consomme énormément (par exemple lors d’une lecture de vidéo), alors l’usure de la batterie va être plus importante.

Impact sur l’obsolescence

La perte d’autonomie est une cause de renouvellement par les utilisateurs : 39% en 2018. Phénomène renforcé par le fait que les batteries sont de plus en plus non amovibles, ce qui engendre un remplacement complet du smartphone par l’utilisateur. De plus, même si la baisse de l’autonomie n’est pas l’unique critère de remplacement, il s’additionnera aux autres causes pour créer un ensemble de signes indiquant à l’utilisateur qu’il doit changer son smartphone (effet marketing, puissance, nouvelles fonctionnalités…).

On peut donc facilement faire le lien entre les mAh consommées par les applications et le CO2 dû à la fabrication. En réduisant ces mAh, on réduirait largement l’usure de la batterie, la durée de vie des smartphone serait élargie en moyenne et donc le coût CO2 initial serait davantage rentabilisé. Le mAh du smartphone présente un coût beaucoup plus important sur l’énergie grise du smartphone (fabrication) que sur l’impact de l’énergie pour le recharger.

Par exemple pour un smartphone classique, l’impact en tenant compte  de la fabrication est de 14 mgCO2/mAh, contre seulement 0,22 mgCo2/mAh si on ne considère que l’énergie nécessaire à la recharge ! C’est ce facteur d’émissions (14 mgCO2/mAh) que nous utilisons dans nos évaluations d’impact. Nous vous encourageons à l’utiliser également.

Solution technologique

Résoudre cette problématique peut toujours se voir au travers de l’axe technologique : augmentation des capacités, chargement rapide… Si l’on prend le cas du chargement rapide, cela ne va pas changer le problème, bien au contraire, cela va l’aggraver en augmentant potentiellement les cycles. Ce n’est pas en augmentant le réservoir des voitures que l’on va réduire l’impact de l’automobile. Améliorer les technologies batterie est bénéfique, cependant une diminution de la consommation des smartphones serait encore plus bénéfique pour l’environnement et l’utilisateur.

À noter que l’impact CO2 n’est pas le seul indicateur à prendre en compte, en effet la fabrication des batterie est globalement très couteuse en termes environnemental et social. Sans compter les ressources stratégiques avec des impacts géopolitiques comme le cobalt ou le lithium. Prolonger la durée de vie des batterie est critique.

Sobriété numérique partout, sobriété numérique nulle part ? 7 erreurs à éviter !

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Tout le monde parle de sobriété numérique. Des agences web aux politiques, en passant par les ESN, tous communiquent sur le sujet, sur l’explication de l’impact, sur des bonnes pratiques, sur la volonté d’y aller. Mais qu’en est-il réellement ? 

Nous travaillons sur le sujet au sein de Greenspector depuis 10 ans et nous pouvons en toute modestie donner notre avis sur la réelle situation des acteurs et surtout sur les barrières qu’il va falloir passer pour réellement faire de l’éco-conception et de la sobriété. 

Nous avons sensibilisé des développeurs, des étudiants et des dirigeants. Nous avons accompagné des équipes, appliqué des bonnes pratiques. Nous avons mesuré des applications et sites web. Il en fallait de la motivation pour garder le cap. Car le contexte est différent, et nous sommes heureux de voir autant de communication et d’acteurs concernés. Nous pensons cependant que tout n’est pas gagné ! Voici quelques conseils et analyses d’anciens du domaine, regroupés en 7 erreurs à éviter !  

Associer la sobriété numérique uniquement à un métier

Dans de nombreuses actions que nous avons menées, une composante importante était nécessaire : la prise en compte du problème à toutes les étapes. Développeur, designer, Product Owner, décideur. Et Client.. Sans cela, le projet n’ira pas loin. Un projet non financé, des besoins de recherche d’optimisation non voulus par les devs, des améliorations techniques non acceptées par les Product Owners… Au mieux, les améliorations seront faites mais avec peu de gain. 

La solution, engager une démarche partagée. Cela prend un peu plus de temps (et encore !) mais permet au projet d’être compris par tous et accepté. 

Se focaliser uniquement sur les pratiques de codage 

La solution miracle quand on pense sobriété numérique est de se dire que si les développeurs respectent les bonnes pratiques, tout ira bien. On peut en parler, on a débuté un projet de R&D (Code Vert), il y a plus de 8 ans sur cet axe. C’était nécessaire mais pas suffisant. En effet, il faut également travailler sur les fonctionnalités, le design, les contenus, l’infra…  

La mise en place d’un référentiel sera un axe important mais plus dans un premier temps pour initier une démarche de sensibilisation. Il ne faut surtout pas se dire qu’il faudra appliquer 115 bonnes pratiques sur la quasi-totalité d’un site car l’effort sera énorme et les résultats ne seront pas forcément au rendez-vous.

Ne pas utiliser d’outils professionnels

De nombreux outils ont vu le jour pour évaluer les sites web. En effet, il est assez simple dans le web de surveiller certaines métriques techniques comme la taille des données échangées sur le réseau ou la taille du DOM et de modéliser un impact environnemental. C’est très bien pour sensibiliser et pour identifier des sites beaucoup trop lourds. Par contre le système sur lequel fonctionne le logiciel n’est pas si simple et l’impact peut venir de beaucoup plus d’éléments : Un script JS qui consomme, une animation…  

Passer à l’action avec ce type d’outil permet de lancer la démarche mais dire que le logiciel est sobre par ce qu’on a réduit la taille de données et la taille du DOM est à la limite du greenwashing. 

Nous ne disons pas cela parce que nous sommes éditeurs mais parce que nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de professionnaliser les actions.

Se battre sur les définitions et les principes

Nous l’avons vécu ! Nous avons été critiqués pour notre approche sur l’énergie. La naissance d’un domaine amène à la mise en place de nouveaux principes, de nouveaux domaines, de nouvelles définitions… C’est normal et cela nécessite souvent de longues discussions. Mais avons-nous réellement le temps de débattre ? Sont-elles nécessaires quand on s’est mis d’accord sur le fait que nous devons tous réduire l’impact de nos activités ? La complexité du numérique et de l’obésiciel est bien là et se ressent à tous les niveaux. Il est temps d’améliorer globalement nos pratiques, toutes les volontés sont bonnes, tous les axes sont à explorer. 

Chercher les gros consommateurs 

Les constats sur l’impact du numérique sont de plus en plus partagés. Cependant les équipes peuvent être amenées à chercher des excuses ou des responsables et ne pas faire des corrections qui leur semblent plus mineures. Pourquoi optimiser sa solution alors que le bitcoin est un gouffre de consommation ? Pourquoi réduire l’impact du front alors que les éditeurs de librairies ou dépendances ne font rien ?  La priorisation est importante mais elle est souvent une mauvaise excuse pour ne pas rechercher les gains sur son domaine.  

TOUTES les solutions sont beaucoup trop lourdes. Alors tout le monde se cale sur une lenteur. Tout est uniformément lent. On se cale sur cela et tout va bien. Être performant aujourd’hui, c’est arriver à atteindre un ressenti utilisateur qui correspond à cette lenteur uniforme. On élague les choses qui pourraient être trop visibles. Une page qui met plus de 20 secondes à se charger, c’est trop lent. Par contre, 3 secondes, … c’est bien. 3 secondes ? Avec les multicœurs de nos téléphones/PC et les data centers partout dans le monde, le tout relié par des supers technologies de communication (4G, fibre…), c’est un peu bizarre non ? Si on regarde la débauche de ressources pour le résultat obtenu, 3 secondes, c’est énorme. D’autant plus que les bits circulent dans nos processeurs avec des unités de temps du niveau de la nanoseconde. Donc oui, tout est uniformément lent. Et cela convient à tout le monde (du moins, en apparence : Le monde du logiciel est en train de se détruire, manifeste pour un développement plus durable.)

Débutons maintenant les optimisations en ne cherchant pas des coupables ! 

Penser uniquement évolution technologique 

Nous sommes des techniciens, nous cherchons des solutions techniques pour résoudre nos problèmes. Et donc dans le domaine du numérique, nous recherchons des nouvelles pratiques, des nouveaux frameworks. Et les nouveaux frameworks sont plein de promesses en termes de performance, nous les croyons ! Par contre c’est une course à l’armement qui nous coûte des ressources. Cette évolution est surement nécessaire dans certains cas mais il ne faut pas uniquement se focaliser sur cela. Il faut aussi investir les domaines transversaux : accessibilité, test, sobriété, qualité…  Et sur l’humain, car ce sont les équipes qui trouveront les solutions pour des services numériques sobres.   

Ne pas investir  

Les bonnes volontés et les prises de conscience sont nécessaires, par contre il faut financer le changement. Car la sobriété numérique est un changement. Nos organisations, nos outils ne sont nativement pas faits pour la sobriété. Sinon nous n’aurions actuellement pas ce constat sur l’impact du numérique. Il est donc nécessaire d’investir un minimum pour former les gens, pour s’outiller, pour prévoir du temps pour les équipes sur le domaine. Faire un webinar et une formation ne suffisent pas ! 

Ayons des engagements liés au niveau de l’enjeu et des impacts du numérique sur l’environnement ! 

Faut-il limiter les données qui transitent sur internet pour réduire l’impact du numérique ?

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TL;DR

Le débat fait rage actuellement sur l’intérêt ou non de limiter la consommation de données des utilisateurs web. Et derrière cette question, celle de la nécessité de passer ou non à la 5G, celle-ci amenant à des débits plus importants. 

Les défenseurs d’une limitation argumentent que cela réduirait la consommation d’énergie et l’impact du numérique, les défenseurs pour la poursuite des évolutions technologiques (et généralement aussi de la non limitation de la bande passante) argumentent que l’amélioration constante des technologies compenserait les effets négatifs du numérique. 

Comme dans tout débat, les deux parties ont des arguments valides. Tentons d’analyser en quoi la réponse n’est pas si simple ! 

Disclaimer : En tant que professionnel de l’IT et de la sobriété numérique, notre objectif est de fournir des données claires et factuelles sur l’impact du numérique et son évolution. Le numérique sert à aider la société sur d’autres domaines mais ce n’est pas une raison pour ne pas optimiser et réduire l’impact du numérique. Plusieurs études montrent qu’il est nécessaire d’agir, sans quoi la tendance pourrait être encore plus néfaste. 

Empreinte carbone de l’électricité des technologies de communication 2010 - 2030

La question n’est pas de savoir si telle ou telle projection est bonne mais comment agir pour être dans le meilleur des cas. 


1. Amélioration des datacenters

Il est prouvé que l’efficacité globale des infrastructures s’est améliorée ces dernières années.

L’étude IEA a été reprise de nombreuses fois sur les réseaux en argumentant que la consommation d’énergie des centre de données est faible et s’est améliorée énormément ce qui a permis d’absorber l’augmentation du trafic. 

Tendances mondiales du trafic Internet, des charges de travail des centres de données et de la consommation d'énergie des centres de données, 2010-2019

Il y a en effet eu énormément d’amélioration de l’efficacité par différentes actions : consolidation et virtualisation, amélioration des flux d’air… Les coûts énergétiques étant fixes, la consommation d’énergie et aussi l’impact de ces infrastructures n’ont pas augmenté. 

Une nouvelle étude confirme cette tendance à l’amélioration mais montre aussi l’augmentation importante en termes de consommation d’énergie qui s’est produit avant 2010 (la fenêtre utilisée par l’IEA) : augmentation de 4% entre 2010 et 2014 mais après une augmentation de 24% les 5 années précédentes et 90% entre 2000 et 2005. 

On peut voir aussi cela sur le cas des US

Consommation d'électricité par composante d'utilisation finale, 2000 à 2006

On peut cependant moduler ce constat car on partait de loin : plus de serveur physique, aucune gestion des flux… Le plus gros des gains a donc été fait ces dernières années. L’amélioration de la capacité ne va pas aller au même rythme et il va certainement y avoir une augmentation nécessaire de la capacité des Datas center. Un exemple, la stagnation du PUE

Les gains d'efficacité énergétique des datacenters se sont stabilisés

Les opérateurs le prennent même en compte via une diminution du rythme d’optimisation plus faible.

evolutions et previsions des consommations d'électricite des data centers orange Gwh

Les projections des études scientifiques montrent des explosions de la consommation des Data center. Même si elles se basent sur des projections qui peuvent être discutées, l’augmentation est bien présente : 

Consommation d'énergie des centres de données dans le monde en milliards de kWh par an

Au final, on peut effectivement dire qu’il y a eu beaucoup d’améliorations mais on a tout à fait le droit de se poser des questions sur certains éléments : 

  • À quel coût CO2 s’est faite cette amélioration ? En effet, la construction de nouveaux Data center et le remplacement des anciens par de nouveaux serveurs plus efficients a eu un coût en termes de fabrication. Les études n’en parlent pas 
  • Il n’y a aucune métrique sur l’efficience des traitements. Quelle est l’évolution de coût côté Data center de l’affichage d’une page web, d’un traitement… ?
  • Ces courbes sont à mettre en face de la consommation de bout en bout (jusqu’à l’utilisateur). C’est ce que nous allons tenter de faire en partie dans la suite de l’article. 

2. Amélioration des réseaux

Il en va de même pour les infrastructures réseaux. Le ratio kWh/Go a largement diminué. Exemple du cas sur le réseau en Finlande.

Réseau Finlande

Il existe des critiques cependant sur ce mode de présentation de l’efficience (les Wh/Go) car la consommation de ces infrastructures est fixe. Consommer plus de données sur le réseau serait gratuit. C’est faux car, pour piloter l’efficience, cette métrique est utile en permettant d’affecter cette consommation à un usage. Et effectivement, plus on va consommer, plus cette métrique va diminuer. Deux conclusions s’imposent sur la base de cette analyse : 

1/ Oui l’efficience du réseau s’améliore 

2/ Oui, plus on utilise le réseau, plus on « rentabilise » la consommation fixe et les impacts environnementaux du matériel. 

Cependant cela pose le problème de la capacité du réseau. Lorsque le réseau est saturé, il est nécessaire d’ajouter des infrastructures. C’est ce qui se passe actuellement sur le réseau 4G. A certaines heures et dans certains lieux, les utilisateurs sont redirigés vers les réseaux 3G. La solution choisie est donc de passer à une autre génération de réseau qui va permettre d’absorber cette charge. 

Donc au final si l’efficience du réseau est vraie, elle ne doit pas être la seule métrique pour analyser le problème. Il est nécessaire de prendre aussi le paramètre de la capacité du réseau (mais aussi de la capacité de chaque réseau unitaire). Car sans cela le bénéfice de l’amélioration de l’efficacité des réseaux est annulé par l’impact du renouvellement trop fréquent de l’infrastructure du réseau. 


« Comme nous recherchons un ordre de grandeur en économie d’énergie, nous supposons que la diminution de 30% du volume de trafic dans le cœur de réseau induit une diminution du même ratio dans le dimensionnement du réseau et par conséquent une diminution de 30% de la consommation d’énergie dans le cœur du réseau IP. » 


Vous pouvez trouver ce raisonnement entre autres dans le projet de recherche Européen CONVINcE sur lequel Greenspector a travaillé avec des acteurs de l’infra et de la vidéo.   

« As we are looking for an order of magnitude in energysaving, we suppose thatdecreasing by 30% the traffic volume in the core network induces a decrease of same ratio in network dimensioning and consequently a decrease of 30% in energyconsumption in the core IP network. » 

Quant à l’impact environnemental du réseau, de la même manière que pour l’étude IEA, une courbe d’une étude ARCEP a été utilisée de nombreuses fois : 

ARCEP Emissions GES des opérateurs francais

C’est positif mais encore une fois, il manque certaines données pour bien analyser cette tendance et surtout elle ne prend pas en compte la tendance où une partie de l’impact environnemental est passée chez l’utilisateur avec l’usage des box internet. 

Car, comme on le verra plus loin, on observe un déplacement des traitements informatiques vers les utilisateurs. 


3. Amélioration des terminaux

De la même manière, les terminaux (PC, Smartphone, TV…) améliorent leur efficacité énergétique. La loi de Koomey le démontre.

Koomeys low graph made by Koomey

Cependant il y a un ralentissement notable (voir paragraphe suivant). Nous l’avons-nous-même constaté sur les smartphones sur la moyenne des sites que nous avons mesurés (6000 mesures depuis 2017). D’une part par ce ralentissement de l’efficience énergétique des processeurs mais aussi par une certaine lourdeur des logiciels. Un exemple dans l’évolution des benchs de processeur (qu’on peut aussi voir sur de nombreux autres types de bench).


4. Limitation de l’amélioration de l’efficience

« En 2016, la société Intel mentionne un ralentissement du rythme de miniaturisation des processeurs et, en conséquence, un écart à la loi de Moore »

L’amélioration de l’efficience qui est formulée par Koomey a une limite. Elle est liée en partie au ralentissement de la loi de Moore. 

« En 2016, la société Intel mentionne un ralentissement du rythme de miniaturisation des processeurs et, en conséquence, un écart à la loi de Moore » écrit le chercheur Jean-Gabriel Ganascia 

Cette limitation est aussi formulée par la loi de Laudauer : il est impossible physiquement d’atteindre une certaine efficience. Nous avons encore relativement une marge mais la tendance au ralentissement est déjà visible. Les tendances annoncées par les opérateurs de Data center (voir plus haut) le montrent bien. 

On voit déjà des limites sur certains composants : 

Cette même étude (issue de l’industrie des semi-conducteurs) annonce une explosion de la consommation d’énergie et une nécessité de continuer cette recherche d’efficience. On le voit cependant même avec cette efficience, la consommation totale due à l’informatique sera relativement importante par rapport à la production d’énergie mondiale. Discours différents par rapport aux personnes qui annoncent une consommation nulle de l’informatique !

L’approche optimiste est de dire que la R&D permettra de trouver des nouvelles approches. Cependant, à quel coût ? Et cela n’empêche pas de réfléchir à rentabiliser les technologies actuelles pour gérer ce futur plateau.  


5. Technologie logicielle

« Les programmes ralentissent plus vite que le matériel accélère » 

L’évolution de la technologie logicielle n’est pas souvent prise en compte dans les approches d’évaluation et de prospection. Le matériel étant le consommateur de ressource. Cependant le lien est faible entre les deux. 

Le logiciel ne suit généralement pas l’évolution du matériel, ou en tout cas, il le suit moins rapidement. C’est ce qu’énonce la loi de Wirth.

On peut le voir sur de nombreuses métriques des logiciels, sur des mesures empiriques mais il existe cependant peu d’étude qui démontre cette loi. Si on prend l’évolution de la taille des pages web ainsi que de la performance depuis 10 ans

Il y a effectivement une tendance à la surcharge. Tendance qu’on pourrait atténuer par rapport à l’amélioration du réseau cité plus haut. Pour calculer l’efficience, nous allons prendre le ratio d’énergie consommée pour transporter 1Mo de data. Nous allons aussi comparer ce ratio avec l’hypothèse de la médiane des pages des sites qui serait restée stable en volume de données par rapport à 2011 (soit 200Ko). Sachant que 200k est assez réaliste pour un site complet et utilisable. On peut même aller plus loin : voir le challenge 10k. On obtient alors : 

L’efficience réelle (matériel + logiciel) ne suit pas l’efficience du matériel. Si les tendances se poursuivent (>2020) alors on pourrait même avoir une efficience énergétique qui commence à se dégrader. 

En prenant la performance des processeurs vu plus haut (Single Threaded Integer Performance), l’évolution du chargement des pages web, et en considérant que la performance des pages web reste à 5 secondes en moyenne), les conclusions sont les mêmes : l’efficience est constante.

Ces analyses sont partielles, il serait nécessaire de prendre des indicateurs plus adaptés mais cela montre en partie que l’amélioration de l’efficience n’est pas si claire. 

La loi de Wirth semble confirmée dans de nombreux cas. Dans certains domaines spécifiques comme le calcul scientifique, la performance des traitements est proche du matériel, cependant dans de nombreux logiciels, on observe un écart. Une des raisons est bien souvent la non-prise en compte de la plateforme matériel lors du développement et le paradigme que les bytes n’ont pas d’impact. C’est faux ! Par exemple, la tendance du web a été d’utiliser énormément de JavaScript pour afficher les pages web. Or ces bytes transférées ont une part importante dans le poids des pages mais aussi dans l’efficience des traitements côté utilisateur. Le JavaScript devient en effet un des goulots d’étranglement de la performance sur mobile. Les CPU même si surpuissant, passent leur temps à charger, parser et exécuter le JavaScript.

JSS Processing for CNN.com

Ce phénomène est très bien expliqué dans l’article The Cost of Javascript. Le résultat est une explosion de l’énergie par un usage intensif de cycle CPU ainsi qu’un ralentissement des performances et un sentiment d’obsolescence de la plateforme par l’utilisateur.


Effet rebond

Nous ne traiterons pas ici de l’effet rebond en termes d’usage. C’est un aspect en effet très discuté qui prend en compte du social, des analyses prospectives… Cependant nous pouvons, d’un point de vue technique, observer un effet rebond issu de l’amélioration des technologies : celle de l’ajout d’informations annexes aux services qui sont purement nécessaire à l’utilisateur. Par exemple, on peut citer : l’ajout de services annexes tels que la publicité, les trackers…  

Effet rebond

La part de JavaScript pris par les services “annexes” est importante et dépasse celle du JavaScript utilisé pour le service primaire. Ceci a été rendu possible, entre autres, par certaines capacités techniques : intégration de script facilitée, bande passante le permettant…

Et alors ?

Afin de prendre les bonnes décisions, il est important de prendre du recul et surtout de regarder les tendances. Il est clair que ces dernières années en informatique ont vu arriver une amélioration notable des infrastructures matérielles, des Data center aux terminaux. Cela a permis de nouveaux usages mais aussi de nouvelles pratiques de développement. La frénésie de développement de solution ne s’est pas forcément accompagnée d’une optimisation, les technologies, offrant de génération en génération plus de puissance, plus de bande passante, l’optimisation semblait pour certains un surcoût inutile. Cette optimisation s’est cependant faite dans beaucoup de cas pour des raisons économiques : réduire la facture électrique du Data center, optimiser l’usage d’une infrastructure réseau. Cette optimisation n’a pas été systémique mais plutôt unitaire, au détriment souvent de certaines parties comme les terminaux.  

Cela a amené un retard entre l’efficience réelle des plateformes et leurs capacités. L’affichage des sites en 5 secondes avec 8 CPU et de la 4G sur des téléphones en est l’exemple. Ce n’est qu’une accélération de la loi de Wirth en fait. Les plus optimistes et je dirais technophiles ont comme position que les évolutions technologiques, associées à des meilleurs outils logiciels permettront de garder une performance suffisante. Cela pourrait être une solution cependant elle a des contreparties : elle va dans le sens d’un renouvellement assez rapide des plateformes, en particulier, côté utilisateur, et donc d’un impact environnemental plus important. Elle ne va pas de plus dans le sens de pratiques vertueuses : les tailles des sites et des logiciels vont continuer de grossir. La performance sera constante voire améliorée sur les nouvelles plateformes et cela exclura les utilisateurs qui veulent garder des anciennes plateformes. A moins de le gérer dans les logiciels (comme par exemple l’apparition de version lite), approche peu probable car coûteuse et applicable uniquement par les Big Tech. L’approche optimiste se base sur des évolutions technologiques futures. Or on le voit avec la loi de Laudaeur, il y a une limite. Nous avons encore peut-être quelques années, mais la dette grandit. 

Dans ce cadre, la 5G ne va pas forcément dans le bon sens car elle va permettre de charger plus de données, plus rapidement et donc de ne pas avoir à optimiser les logiciels et même de rajouter des services tiers. Il est pourtant clair que la 5G a des avantages technologiques qui permettraient en partie d’améliorer l’efficience du système global. Mais sans garde-fou, nous allons continuer comme nous l’avons toujours fait avec les différentes technologies : toujours plus sans penser à l’optimisation

Dans ce cadre, la mise en place d’incitation ou de contrainte est nécessaire pour freiner cette course à l’armement. La limitation de la bande passante est une approche intéressante car elle va permettre d’avoir un budget data qui pourrait être répartie. En limitant la taille des sites web par exemple, il sera nécessaire d’optimiser des choses : optimisation technique des librairies, suppression de services tiers, suppression du superflu… La limitation des données est dans ce cadre un axe qui permettra de limiter la consommation d’énergie (en particulier chez l’utilisateur) mais sera surtout un axe pour éviter une obsolescence des plateformes, et au final un axe pour maitriser, voire réduire l’impact du numérique. 

Nous travaillons depuis longtemps avec certains de nos clients dans le sens de l’optimisation en leur offrant des moyens de mesure et d’amélioration sur la réduction de la consommation d’énergie mais aussi de données, de traitement CPU… Cependant la résistance au changement des organisations, l’état de l’art et les pratiques du développement logiciel, les priorisations business… font que ces optimisations ne seront à long terme pas suffisantes pour rattraper le retard que l’on prend au niveau global de l’industrie IT. Les acteurs engagés sont des précurseurs, cependant pour que tout le secteur s’améliore réellement, la contrainte semble inévitable…à moins que la prise de conscience et le passage à l’action arrivent demain